Thèmes

chez chomage sanfranscico californie krackboursier1929 grandedepression migrantmother dorothealange dessous

Rubriques

>> Toutes les rubriques <<
· Expositions / événements (39)
· Galeries d'art parisiennes (4)
· Musées en Europe (8)
· Billets d'humeur (7)
· Portraits (2)
· Œuvres au scalpel (6)
· Interviews d'artistes en ateliers (7)
· Centres d'Art (6)
· Musées de province (7)
· Galeries d'art à l'étranger (3)

Rechercher
Derniers commentaires

07.59.21.70.83 livreur 7j7 24h/24 de marrons, jaune, vert, blanche dans toute l’île-de-fr ance ou plus loin.
Par Anonyme, le 31.01.2026

07.59.21.70.83 livreur 7j7 24h/24 de marrons, jaune, vert, blanche dans toute l’île-de-fr ance ou plus loin.
Par Anonyme, le 31.01.2026

donald trump cest le messie. il est venu pour réconcilier le monde. vlad imir poutine et emmanuel macron c
Par DONALD TRUMP, le 14.07.2025

ici c'est la weed entrep rise de meilleurs livreurs de vrai sibannaque avec thc et cbd en france livr ai
Par Icicestlaweeeeeed, le 06.04.2025

encore jusqu'au 28 août pour voir cette exposition qui embelli et magnifie cette nature à la fois familière et
Par Anonyme, le 16.08.2021

Voir plus

Articles les plus lus

· Nils Udo
· TADESHI MURAKAMI au Guggenheim Bilbao
· LUCAS HUDSON, GRAINE DE TALENT
· CHARLELIE COUTURE : Casquette polyvalente
· DAVID LACHAPELLE - MONNAIE DE PARIS

· Bienvenue à toutes et à tous
· LILLE 3000 : EUROPE XXL
· Musée-Atelier du Verre à Sars-Poteries (Nord Pas-de-Calais)
· Les Femmes tunisiennes ne sont pas que des muses
· JOSEPH CAMARA "L'ATELIER"
· LE MUSEE MAGRITTE A BRUXELLES
· LA CRITIQUE D’ART SOUS PERFUSION ?
· LE PRIX MARCEL DUCHAMP : JEKYLL AND MISTER HYDE ?
· AUTOPORTRAIT CONFIN(é)
· CASABLANCA : Une Biennale en rodage

Voir plus 

Abonnement au blog
Recevez les actualités de mon blog gratuitement :

Je comprends qu’en m’abonnant, je choisis explicitement de recevoir la newsletter du blog "labafouille" et que je peux facilement et à tout moment me désinscrire.


Statistiques

Date de création : 09.08.2011
Dernière mise à jour : 07.11.2022
125 articles


Images
portrait

portrait

MÈRE MIGRANTE DE DOROTHEA LANGE

Publié le 25/08/2021 à 10:38 par labafouille Tags : chomage sanfranscico californie krackboursier1929 grandedepression migrantmother dorothealange
MÈRE MIGRANTE DE DOROTHEA LANGE

Migrant Mother, 1936, © Dorothea Lange

 

Sous un abri de fortune en bordure de route, Une femme miséreuse et digne avec ses deux enfants recroquevillés auprès d'elle. Cette femme s'appelle Florence Owens Thompson. Un visage devenu un symbole de précarité extrême durant la Grande Dépression aux Etats-Unis. Photo connue sous le nom de Migrant Mother (Mère Migrante), l'auteur, la photographe américaine Dorothea Lange (1895-1965) en a elle-même romancer le contexte, une fois le cliché rendu populaire.

 

Dorethea Lange est une jeune femme ambitieuse sûre de son avenir de photographe. Elle a 23 ans lorsqu'elle ouvre son studio entièrement axé sur le portrait. L'époque ne se prêtant pas à la parité, il lui faut gagner sa place à coups de coude. Elle se bat malgré son handicap, une poliomyélite contractée à 7 ans lui laissant des séquelles à la jambe droite jusqu'à la fin de sa vie. Les quelques années précédant le crack boursier du 24 octobre 1929 semblent pour elle prémonitoires. Les Etats-Unis glissent lentement mais sûrement vers une grande pauvreté. Son intuition lui conseille de sortir du confort de son studio. C'est dans la rue qu'elle trouvera son inspiration...et la reconnaissance. Ses portraits pris à vif des sans-abris durant la Grande Dépression attirent l'attention de la Farm Security Administration (ex: Resetlement  Administration), un programme mis en place par le gouvernement américain pour sensibiliser la population sur les effets de cette crise économique sans précédent sur le monde agricole et les agriculteurs. Elle sera recrutée comme l'une des photographes officielles de cette mission en 1935.

 

Le 6 mars 1936, sur la route 101 longeant la côte californienne, Dorothea Lange revient d'une journée éreintante, le coffre de sa voiture remplie de matériel et de pellicules ayant immortalisé les portraits de travailleurs pauvres ou de saisonniers des champs. Bien qu'elle prenne à cœur la mission officielle qui lui a été confiée, les journées, selon elle, finissent par se ressembler. Une sorte de lassitude qu'elle juge capricieuse au regard de la chance qu'elle a d'être le témoin majeur de ce qui se passe réellement dans les états du sud. Arrivée à proximité de Nipomo, son regard se pose brièvement sur une voiture qui semble abandonnée et un abri de fortune en toile sous lequel reposent une femme fixant la route accompagnée de deux enfants, d'un bébé et d'une fille un peu plus grande. La photographe décide d'ignorer la scène pour rentrer au plus vite chez elle à San Francisco avant la tombée de la nuit . Néanmoins, le regret la tenaille de ne pas pouvoir terminer sa journée sur une dernière série de portraits avant le crépuscule. Elle se ravise et fait vite demi-tour.

Après une première approche respectueuse, bien que les deux enfants se soient blottis apeurés contre leur mère, elle se présente officiellement et demande avec beaucoup de précaution et de tact si elle peut prendre quelques clichés de la famille. Celle-ci, après quelques hésitations, accepte. S'ensuit une prise de notes, à savoir l'identité et l'âge de la femme. Elle s'appelle Florence Owens Thompson, elle a 32 ans et attend son compagnon et des proches parents partis chercher de l'aide pour dépanner la voiture. La grande fille a 14 ans, les plus jeunes 5 et 4 ans et le bébé 1 an. La famille, dubitative, se laisse faire. La photographe livre quelques instructions au niveau des poses à tenir. Six clichés plus tard, le tout a pris dix minutes, elle remercie la famille et leur souhaite de pouvoir récupérer leur voiture. Toutefois, elle n'est pas vraiment convaincue de cette dernière série de portraits vue la faiblesse de la luminosité. Le laboratoire en charge du développement la convaincra du contraire. Elles sont largement exploitables.

 

http://labafouille.l.a.pic.centerblog.net/langeoak0816-1024x682.jpg

 

Dorothea Lange en action durant la Grande Dépression, © Oakland Museum

 

Au-delà des polémiques suscitées sur certaines photos-cultes, nombreux les photographes qui sont devenus célèbres pour leur cliché "ultime" : Robert Capa connue pour La Mort d'un soldat républicain ou encore Le Baiser de l'Hôtel de Ville de Robert Doisneau et bien évidemment Migrant Mother. Ce qui avait le don d'agacer Dorothea Lange qui au demeurant a bien entretenue le trouble et la polémique au sujet de cette photo exploitée à outrance par le propagandiste Roy Stryker à la tête du Farm Security Administration et prompt à forcer sur le misérabilisme. Que n'a t-elle pas été inventée comme histoire, alors qu'elle n'avait jamais vraiment questionné Florence Owens Thompson sur sa condition exacte, que la famille aurait vendu les pneus de la voiture pour s'acheter de quoi manger ou que les enfants chassaient des oiseaux morts pour se nourrir et que la mère aurait été abandonnée par son mari. Autant d'élucubrations qui se sont révélés inexacts grâce aux révélations, dans les années 1970, d'une des filles se souvenant très bien de cette scène :  la voiture était tombée en panne (elle s'est juste arrêtée avec sa famille le temps de faire réparer sa voiture dans le camp de Nipomo). Une famille certes très modeste et plutôt digne dans la pauvreté mais loin d'être à l'image d'une misère cauchemardesque entretenue par le gouvernement et les aléas romanesques de Dorothea Lange au fur et à mesure que ce fameux cliché, qu'elle considérait comme un fil à la patte, prenait de la popularité. A tel point que vers la fin de sa vie, elle avouait regretter d'avoir fait demi-tour vers Nimopo pour réaliser cette dernière série de portraits.

Cocasse d'ailleurs que ce cliché aujourd'hui culte ait été recensée comme l'une des 100 photographies qui ont changé le monde par le magazine Life en 2003. En quoi a t-elle changé le monde ? La pauvreté n'a pas changé de visage. Toujours plus extrême tout autant que l'extrême richesse. Entre les deux demeure un vide toujours plus abyssal. 

 

Harry Kampianne